Emballages selon Bio Suisse: autant que nécessaire mais le moins possible.

11. juillet 2017


Karin Nowack, collaboratrice spécialisée en Communication d’entreprise et en Développement durable, reçoit de nombreuses questions de consommatrices et de consommateurs aussi intéressés qu’engagés, et nombre de ces questions touchent au domaine des emballages.

Madame Nowack, quelle est la philosophie des emballages de Bio Suisse?

Le principe suivi par Bio Suisse pour les emballages est le suivant: autant que nécessaire mais le moins possible. Les emballages doivent protéger les aliments tout en polluant le moins possible l’environnement. Lorsque c’est possible et écologiquement judicieux, il faut utiliser des systèmes réutilisables ou des matériaux à base de matières premières renouvelables.

Quelles questions vous pose-t-on le plus fréquemment?

«Pourquoi les produits bio sont-ils emballés dans du plastique dans les supermarchés?» Notre réponse est la suivante: La loi impose que les produits bio soient clairement séparés et identifiables des produits conventionnels du champ jusqu’à la vente au détail. Dans les supermarchés, la seule possibilité d’y arriver est d’emballer les produits biologiques, car si par exemple des carottes bio sont vendues en vrac à côté des carottes conventionnelles, cela peut provoquer des confusions et des tromperies volontaires ou involontaires.


Et pourquoi pas emballer les marchandises conventionnelles?

Bonne idée, mais c’est une décision tout ce qu’il y a de plus pragmatique: la part de marché de la production bio représente environ 8 % du marché. Il faut donc – actuellement – beaucoup moins de matériaux pour emballer les produits bio que les produits conventionnels.


Cela ne permet pas aux consommatrices et aux consommateurs de choisir librement les quantités qu’ils achètent. Comment est-ce que le contenu des emballages est déterminé?

La décision des quantités qu’il y a dans les emballages appartient toujours aux commerces, et ils choisissent normalement les grandeurs d’emballages qui se vendent le mieux.



Y a-t-il des emballages qui permettent d’économiser le plastique?

Quand c’est possible on utilise des petits autocollants pour les fruits et légumes Bio Bourgeon. De nombreux transformateurs et distributeurs utilisent d’une manière générale le moins possible d’emballages. Aux Pays-Bas, des fruits et des légumes sont maintenant marqués à l’aide d’une nouvelle technologie laser au lieu d’être rendus identifiables par rapport à d’autres produits uniquement par des emballages. Cette technologie vient d’être autorisée aussi pour les produits Bourgeon, qui ne doivent alors absolument pas être endommagés et pour lesquels aucun autre intrant du style liquide de contraste ne peut être utilisé.


Comment jugez-vous la tendance vers ces «magasins tout vrac» qui fleurissent un peu partout en Suisse?

Je trouve que c’est une approche supplémentaire intéressante si ces magasins mettent l’accent sur les produits Bourgeon. Sinon il faut rester conscients que l’emballage remplit d’importantes fonctions de protection des denrées alimentaires. Les produits bien protégés – emballés, donc – se conservent plus longtemps, et on gaspillera moins de ressources en tout genre si moins de de denrées alimentaires pourrissent. Et n’oublions pas pour terminer qu’une des fonctions les plus importantes des emballages est la possibilité de bien placer des informations pertinentes sur les produits.


Qu’est-ce qui fait la plus grande différence pour faire diminuer la montagne de nos déchets?

Premièrement acheter ce dont on a besoin – et pas plus – pour éviter des gaspillages d’aliments. Deuxièmement, acheter biologique et écologique, car 95 à 98 % des ressources servent à produire les aliments contre beaucoup moins – mais c’est très variable – pour les emballages. Cela concerne aussi bien les cultures que la protection des plantes et la fertilisation. Rappelons que l’agriculture biologique obtient de bien meilleures notes dans ces domaines-là. Conclusion résumée: Il vaut mieux vendre des produits biologiques préemballés que des produits conventionnels en vrac.


En savoir plus sur le développement durable chez Bio Suisse dans notre rapport annuel:
rapport.biosuisse.ch/fr/durabilite