Un peu fou mais totalement logique

02. octobre 2019



Sur le domaine bio Wiesengrund® à Oberglatt ZH, les idées surgissent comme des champignons. Il en est résulté une ferme Bio Bourgeon qui est un modèle du genre du point de vue du bien-être animal et de la durabilité.


Susanne et Daniel Maag se tiennent sous l’amandier qui pousse dans leur étable et décortiquent des amandes qui sont déjà mûres. «On dit toujours que notre ferme est quelque chose de particulier», dit Daniel. «Mais en réalité nous avons simplement du plaisir à entreprendre et à faire tout ce qui est possible.» Il rit, regarde sa femme, et Susanne lui retourne un beau sourire… par exemple, cultiver des fruits exotiques et des légumes en valorisant la chaleur résiduelle de la production laitière. Pour ce couple d’agriculteurs d’Oberglatt ZH (près de Kloten), cela va en fait de soi et c’est même tout simplement logique. Il y a l’amandier, mais aussi, sous le grand toit de verre, des figuiers, des concombres, des tomates et même des kakis. Ces plantes profitent d’un hiver assez doux et d’un printemps précoce grâce à la chaleur du corps des vaches, qui se nourrissent, bougent et ruminent dans la partie avant de l’étable.


C’est l’installation de traite qui va vers les vaches

Ensuite, en avril, les vaches doivent aller dehors et l’étable en rondins n’appartient plus qu’aux plantes de serre. «Dès que l’herbe commence à pousser, mes vaches n’ont plus rien à faire à l’étable», explique Daniel. Il préfère déplacer l’installation de traite mobile et aller vers elles au pâturage. Même ce modèle assez exotique pour la Suisse n’est rien d’autre que logique pour ce paysan entreprenant: Les vaches vont-elles-mêmes chercher leur fourrage et rendent gratuitement des éléments nutritifs qui fertilisent le sol. «Cela me permet d’économiser du travail et des frais de machines», dit-il. Oui, il a en fait pris de nombreuses décisions pour des raisons économiques et n’a remarqué qu’après-coup que cela rendait aussi sa production beaucoup plus respectueuse des animaux et plus écologique.


Les veaux restent avec leur mère

«J’avais par exemple des problèmes de veaux malades et de vaches non portantes», raconte Daniel Maag. Cela l’a amené à acheter un taureau et à laisser les veaux téter leur mère ou une vache nourrice. «Et maintenant je produis le lait le plus durable qu’on peut imaginer», explique-t-il avec fierté. Pas d’antibiotiques, pas d’aliments concentrés, monte (saillie) naturelle, élevage des veaux en contact avec leur mère, pâturage – que peut-on vouloir de plus.

«Il ne nous manque plus qu’un local de transformation pour que je puisse vendre en direct ce lait particulier», dit-il en faisant un clin d’œil à sa femme. Susanne ne semble pas particulièrement enthousiasmée: «Je ne suis pas tout de suite convaincue par tous ses projets», dit-elle en riant. Cette paysanne bio mère de quatre enfants se considère plutôt comme la constante de l’équipe. Là où Daniel cherche toujours à innover, Susanne est celle qui reste volontiers dans le concret.


Des œufs d’autruche à la salle des fêtes

«Mais je peux aussi m’enthousiasmer», dit-elle en laissant son regard vagabonder vers le ciel à travers les feuilles vertes de l’amandier: Foi en Dieu, joie et curiosité, elle partage cela avec son mari et c’est exactement avec tout ça que la paire a commencé à développer la ferme il y a vingt ans. «Nous n’avons pas réalisé toutes les idées que nous avons eues, et nous avons dû enterrer certains de nos projets», dit Susanne. Par exemple l’élevage d’autruches que les Maag avaient essayé à titre pionnier tout au début de leur carrière paysanne. «Mais tout suit son cours», ajoute Susanne. C’est ainsi que les coquilles des œufs des autruches décorent maintenant la salle des fêtes où elles servent de lampadaires. Daniel a réalisé cette salle en transformant l’ancienne porcherie de la ferme. Car les Maag trouvent que rendre des hôtes heureux donne davantage de joie et rapporte plus qu’engraisser des bêtes pour la boucherie. C’est pourtant la logique même.



Site internet: www.hof-wiesengrund.ch
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